Quelles tâches un agent IA peut-il prendre en charge dans une agence ?
Une agence reçoit chaque jour des demandes rédigées de manières très diverses : un message laissé sur un portail, un courriel d’acquéreur qui décrit sa recherche en quelques lignes, une question d’un locataire sur ses charges. Les lire, retrouver le bien, créer la fiche puis répondre mobilise un temps que les négociateurs et les gestionnaires consacreraient plus utilement au terrain. Un agent IA peut prendre en charge une part de ce travail, notamment les tâches suivantes :
- Lire les demandes reçues des portails comme du site de l’agence, identifier le mandat visé, soit le bien confié à l’agence par son propriétaire, puis préparer la fiche acquéreur dans le logiciel de transaction, l’outil où l’agence suit ses biens et ses clients.
- Relever les critères que l’acquéreur exprime librement, comme « une maison avec jardin, à pied de l’école », pour les reporter dans les champs de sa fiche, de sorte que les rapprochements du logiciel, qui associent automatiquement biens et acquéreurs, en tiennent compte.
- Préparer une réponse adaptée à la question posée, que le négociateur relit avant de l’envoyer.
- Trier les courriels des locataires d’une agence de gestion, distinguer un signalement d’incident d’une question sur la régularisation des charges ou d’un envoi d’attestation d’assurance, puis préparer le traitement de chacun.
- Vérifier qu’un dossier de candidature à la location est complet, puis signaler les pièces manquantes au gestionnaire.
Toutes ces tâches ne requièrent pas pour autant un agent IA. Lorsqu’une règle suffit, par exemple pour rappeler au terme d’un délai fixé un acquéreur qui n’a pas donné suite à une visite, un workflow classique, c’est-à-dire un enchaînement d’étapes fixées à l’avance, se montre plus prévisible et moins coûteux. Beaucoup de logiciels de transaction assurent d’ailleurs déjà les rapprochements et les relances : l’IA ne se justifie qu’aux étapes qui exigent d’interpréter un texte libre, et que le logiciel ne couvre pas.
Comment répartir le travail entre l’agent et l’équipe ?
Répartition proposée pour quelques tâches courantes d’une agence| Tâche | Ce que prépare l’automatisation | Ce qui reste à l’équipe |
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| Demande reçue d’un portail | Lecture du message, création de la fiche et brouillon de réponse | Relecture puis envoi de la réponse |
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| Critères exprimés dans un courriel | Report des critères dans les champs de la fiche acquéreur | Vérification avant enregistrement |
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| Courriel d’un locataire | Classement de la demande et projet de réponse ou d’ordre de service, la commande adressée à un artisan | Choix du prestataire, accord du bailleur sur la dépense |
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| Dossier de location | Contrôle de la présence des pièces attendues | Examen du dossier, décision prise avec le bailleur |
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| Relance après visite | Rappel préparé au terme du délai fixé | Décision de relancer ou non |
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Quelles règles s’appliquent aux dossiers de candidats locataires ?
Le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 fixe la liste des pièces qu’un bailleur, ou l’agence qui agit pour son compte, peut demander au candidat comme à sa caution, en quatre catégories : identité, domicile, activité professionnelle et ressources. L’article 22-2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 punit le fait d’exiger une autre pièce d’une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique, 15 000 € pour une personne morale, telle qu’une société.
Un agent IA peut ainsi vérifier qu’un dossier contient les pièces attendues, à condition que sa liste de contrôle reprenne strictement celle du décret. Il ne doit pas, en revanche, classer les candidats : l’article 1er de la même loi interdit de refuser une location pour l’un des motifs discriminatoires de l’article 225-1 du code pénal, qu’un classement automatique peut reproduire à l’insu de tous.
La décision reste humaine
L’article 22 du RGPD, le règlement général sur la protection des données, reconnaît par ailleurs à toute personne le droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé qui l’affecte de manière significative. Le choix du locataire revient donc au bailleur, assisté du gestionnaire.
Que change le règlement européen sur l’intelligence artificielle ?
Le règlement (UE) 2024/1689, applicable pour l’essentiel depuis le 2 août 2026, impose à son article 50 qu’un système d’IA destiné à échanger directement avec des personnes soit conçu de manière à les informer qu’elles s’adressent à une IA, sauf lorsque le contexte le rend évident. Un assistant conversationnel, ou chatbot, placé sur le site de l’agence doit donc se présenter comme tel dès le premier échange.
L’obligation vise le système qui échange directement avec la personne. Lorsque l’agent se borne à préparer un courriel que le négociateur relit, corrige au besoin puis envoie sous son nom, c’est le négociateur qui répond ; un accusé de réception envoyé sans relecture doit, en revanche, indiquer qu’il émane d’un assistant d’intelligence artificielle.
L’agent peut-il prospecter les propriétaires par téléphone ?
Depuis le 11 août 2026, l’article L223-1 du code de la consommation, dans sa rédaction issue de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, interdit de démarcher par téléphone un consommateur qui n’y a pas consenti au préalable, sous peine de nullité du contrat conclu à la suite d’un tel démarchage. Une agence ne peut donc plus appeler, sans son accord, le particulier qui vend sans intermédiaire. Le texte excepte toutefois les appels liés à l’exécution d’un contrat en cours et portant sur son objet, ce qui permet de joindre un vendeur sous mandat au sujet de sa vente.
Un workflow peut en revanche intervenir en amont de l’appel. Le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 limite la durée du consentement à un an, sans renouvellement tacite, c’est-à-dire sans prolongation implicite, et impose d’en conserver la preuve pendant trois ans : l’automatisation tient ce registre, signale les consentements qui arrivent à échéance, puis écarte des listes d’appels tout contact dont l’accord n’est pas enregistré ou a expiré.
Quelles précautions prendre avant la mise en service ?
Avant de confier ses échanges à un agent, l’agence doit prendre quatre précautions :
- Arrêter par écrit les tâches confiées à l’agent et celles qui lui sont interdites, comme le classement des candidats.
- Prévoir la validation par vos équipes de tout envoi destiné à l’extérieur, un envoi automatique n’étant mis en place qu’avec leur accord écrit.
- Vérifier que le prestataire comme le fournisseur du modèle d’IA, l’éditeur du programme utilisé, agissent en qualité de sous-traitants au sens de l’article 28 du RGPD, puis conclure avec eux le contrat correspondant.
- Tester l’agent sur des demandes réelles anonymisées, notamment les plus ambiguës, avant toute mise en service.
Comment Nodva intervient-elle auprès des agences immobilières ?
Un agent relié à votre logiciel de transaction
Nous concevons des agents qui lisent les demandes reçues, les reportent dans votre logiciel, puis préparent des réponses que vos équipes relisent avant envoi. Cette prestation relève de notre offre « Automatisation avec agent IA », facturée à partir de 3 000 €, prix public net de TVA, nous vous confirmons le prix de votre cas à l’issue du diagnostic gratuit de 30 minutes, au cours duquel nous déterminons si votre besoin relève d’un agent ou d’un simple workflow. La supervision, c’est-à-dire la surveillance et la maintenance de l’agent, est facultative ; un agent IA y compte pour deux unités de tarification.